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Mathieu Génon

Les zinzins du zinc

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Les nuages sont menaçants, quelques gouttes de pluie tentent de gâcher le spectacle. Mais ça ne marche pas.
Le panorama est époustouflant. A perte de vue, les toits parisiens en zinc, par centaines, par milliers. On distingue dans le ciel vaporeux la Tour Eiffel, l'Arc de Triomphe, le dôme des Invalides, le Centre Pompidou.
Dans notre dos, le Sacré-Coeur, comme un phare qui veille sur la ville. La capitale est à nos pieds.
Un sentiment de toute-puissance que la réalité rattrape rapidement. L'agitation de la rue, juste sous nos yeux mais dont on n'entend presque pas le brouhaha, rappelle que nous sommes perchés au sommet d'un immeuble haussmannien de six étages.
Les toits de ce pâté de maisons entre Pigalle et les Abbesses, dans le 18e arrondissement, c'est le bureau de Simon Nogueira, 23 ans, son terrain de jeu favori, son lieu d'inspiration et de repérage.
Quelques fois même sa chambre, quand il décide d'y installer son hamac les jours d'été.
De Paris, le jeune homme en connaît mieux les toits que les trottoirs. « Je m'y sens plus en sécurité, détaché de la vie d'en bas, si condensée, si étriquée, à côtoyer des milliers d'inconnus dont je ne connais pas les intentions.
J'existe plus ici, mon univers est plus vaste, mon imaginaire peut aller plus loin. »