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Laurent Le Crabe

PARIS LA NIGHT

PARIS BY NIGHT

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"Paris la night - Chronique nocturne à l'ère pré-COVID".
Depuis l'arrivée du coronavirus, le monde de la nuit est à l'arrêt. Les bars, clubs sont fermés, les performeurs et acteurs de ce secteur sont au chômage. Le public et les fêtards privés de détente. Retour en arrière sur mes archives de 2014 à 2018 de la nuit parisienne, en plein essor des soirées electro et festivals, dans des clubs comme le Badaboum, le Nuba, des bars comme le Panic Room, le Blaine, À la folie et plein d'autres. 
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Souvenirs de jeunesse. Paris la night. Paris à tout prix. Je me rappelle la jeunesse, les lumières de la ville. Tu viens d'avoir le bac, le permis, premier appart, tu fais un peu le Mac. De toute façon toi ce que tu veux c'est taffer, avancer, brasser. Acheter le dernier coupé, poser des bouteilles devant des tasspés. Partir en vacances loin là-bas, de l'autre côté. Rentrer bourré sur le périph, qu'est ce que t'attends frère ? Roule un spliff. Les allers-retours à Maastricht. Les concerts de rap à l'Elysée Montmartre et les sorties électriques sur le boulevard Rochechouart. La gova direction Opéra, bercé par Radio Nova. Les restos de nuit payés en espèces, les femmes douées pour faire des liasses, coupes de champagne, tu connais l'escroque. Les derniers shooters d'afters tardifs, les crises à pas d'heure, les cicatrices. J'te raconte tout ça, c'est pas au pif. C'est des images dans ma tête, des lampadaires qui défilent. Les quais, Rivoli, Sébastopol, Châtelet les Halles. Se faire draguer par les pédés du Marais et en rigoler avec tes potes. Finir à fumer de la weed devant la console.  Aller s'éponger les remontées de bile avec les crêpes de la Bastille. Détour par République, jour de manif, que ce soit Sarko ou Valls ça change pas la couleur du CRS. Mon XXème, Avron, Davout, Charonne, Gambetta. La queban, les keftas. Les rebeus, les renois. La grisaille, le dernier souffle de Jamila dans mes bras. Quoi qu'il arrive, à Marseille ou pas, Paris est en moi, c'est comme ça, c'est dans l'sang. Mémé était née avenue de Wagram, Pépé faisait ses bails dans les Passages, route de la Révolte, dans l'temps. J'te dis c'est dans l'sang. Paris à tout prix. Ouais ouais, Paris m'a tout pris..

- Paris la nuit, il fut un temps ...
 

Paris by night - Nocturnal chronicle in the pre-COVID era. Since the arrival of the coronavirus, the world of night has come to a standstill. Bars, clubs are closed, performers and actors in this sector are unemployed. The public and the partygoers have no time to relax. Back to my archives from 2014 to 2018 of the Parisian night, in full swing of electro parties and festivals, in clubs like the Badaboum, the Nuba, bars like the Panic Room, the Blaine, À la folie and many others.
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Paris at all costs. I remember the youth, the lights of the city. You've just got your baccalaureate, your driver's license, your first apartment, do a bit the pimp. In any case, what you want is to work, to move forward, to stir. Buy the last sportscar, put bottles in front of heaps of people, go on vacation far away, on the other side. Go home drunk on the outskirts, what are you waiting for, brother, roll a joint. Round trips to Maastricht. Rap concerts at the Elysée Montmartre and electric outings on the boulevard Rochechouart. The car direction Opera, rocked by Radio Nova. The night restaurants paid in cash, the women gifted to make bundles, glasses of champagne, you know the swindle. The last shooters of late afters, the crises with step of hour, the scars. I'm telling you all this, it's not a guess. It's images in my head, street lamps going by. The quays, Rivoli, Sebastopol, Châtelet les Halles. Getting hit on by the fags of the Marais and laughing about it with your friends. Finish smoking weed in front of the PlayStation.  To go mop up the bile with the pancakes of the Bastille. Detour by Republic, day of demonstration, that it is Sarko or Valls that does not change the color of the CRS. My XXth, Avron, Davout, Charonne, Gambetta. The bank, the keftas. The rebeus, the niggers. The grayness, Jamila's last breath in my arms. Whatever happens in Marseille or not Paris is in me, it's like that, it's in my blood. Grandma was born on Avenue de Wagram, Grandpa used to make his leases in the Passages, the road of the Revolt, in the past. I tell you it's in the blood. Paris at all costs. Yeah yeah yeah, Paris took everything from me...
- Paris by night, there was a time ...