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Lionel Fourneaux

Océanopolis

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Le soleil est une lampe

Faut-il s'attarder sur les circonstances, ici Brest, cette journée tout en bourrasques colériques ? J'improvise et me réfugie dans la cité d'Océanopolis, à la faveur d'un creux dans mon programme de travail. Seul, un peu étonné dans ce parc de loisirs, étrangement seul comme j'aime l'être parfois dans mes errances. « Pas de flash », les photos sont permises, une jeune fille quitte son guichet pour me le signaler, je la recroiserai un peu plus tard dans un autre hémisphère. Veut-elle engager une conversation ? Nous sommes hors-saison, elle s'ennuie peut-être ?
Je me retrouve au chaud devant les aquariums du bassin tropical, heureux au fond comme perché au-dessus de l'étrave de la barque qui sinue dans la mangrove ! Mais un décor un peu froid, figé sans l'odeur puissante des eaux qui se décomposent en une diversité de liqueurs aromatiques, là-bas ! J'assiste, médusé, à l'incessant ballet des poissons projeté sur le mauvais écran de verre des bassins qui diffracte la lumière, flares et artefacts. Je m'épuise à suivre les aller-retours de nos amis aquatiques. Un mérou coquet s'attarde un peu...
Je me cale un court instant devant le bassin des squales et observe mon reflet dans la pliure d'un espace sans cesse cassé par la vague. La lumière est peu abondante, je me tiens donc immobile et essaie de m'encadrer avant de reprendre ma progression. 
Ah, le bain de vapeur et le vénérable fromager à l'écorce de ciment dans la serre tropicale ! Couleur locale !
Sortie par le pôle sud où un manchot bleuté me tourne ostensiblement le dos tandis qu'un crabe, enfoncé dans l'obscurité glaciale des eaux de la banquise, cancane à l'intérieur de ses pattes crispées.

C'était une après-midi à Brest le 17 décembre 2018.