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Aline Lafoy

Darkness

Darkness

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Au Liban, le 17 octobre 2019 une noce étrange se fait entendre. Un sentiment de force et de pouvoir épouse la colère et le ras-le-bol général. Enfin les Libanais se sont retrouvés et parlent d'une seule voix : « le peuple veut la chute du régime ».
Durant plusieurs semaines l'atmosphère qui recouvre le pays est électrique, un engouement historique mène 2 millions de Libanais dans les rues

Très vite, les bombes lacrymogènes viennent étouffer les manifestants, quand les prisons libanaises se renferment sur les opposants politiques. Les libanais depuis peu galvanisés par cet élan national, s'emmurent dans la détresse.
Cet espoir qui s'étiole, l'aéroport en est le témoin privilégié. Les départs se succèdent à l'image des crises qui s'enchainent.
La livre libanaise s'envole face au dollar, faire ses courses même les plus élémentaires devient une source d'anxiété. La propagation du Covid-19 met à genoux plus de la moitié de la population libanaise. Confinés, l'angoisse empli le silence qu'occupe maintenant le quotidien des rues libanaises.

 « Mourir de faim ou du coronavirus » n'est plus seulement une métaphore mais une dure réalité. Les cris qui résonnaient en octobre sont devenus des appels au secours. La violence a pris le pas sur le pacifisme. La joie de vivre, la combattivité, l'espoir, tout a disparu dévorés par l'obscurité. Quelle ironie lorsque le pays ne peut plus alimenter en électricité les foyers libanais.

Et puis, notre monde explose. Le 4 août, tout n'est que lambeaux et confusion. Beyrouth est en cendres.
 

.In Lebanon, on October 17, 2019 a strange echo is heard. A feeling of strength and power is accompanied by anger and general discontent. At last the Lebanese have come together under a common prayer: "the people want the fall of the regime".
For several weeks, there is an electric atmosphere that lingers in the air, a historical uprising leads 2 million Lebanese in the streets.

Suddenly, tear gas suffocate the demonstrators, (when Lebanese prisons closed in on political opponents). The Lebanese, galvanized by the revolt?s momentum are crying distress.
The airport is the witness of this dwindling hope. Departures follow one another at an alarming pace, mirroring the non-ending crises that follow one another at the expense of Lebanese people.
The Lebanese pound sinks in front of the dollar, doing even the most basic errands becomes a source of anxiety. The spread of Covid-19 brings more than half of the Lebanese population to its knees. Confined, the anxiety fills the Lebanese streets now taken over by a deafening silence. 

 "Dying of hunger or coronavirus" is no longer just a metaphor but a harsh reality. The pleas that resounded in October have become cries for help. Violence has taken precedence over pacifism. The joy of life, the fighting, the hope, everything disappeared, devoured by darkness. What an irony when the country can no longer supply electricity to Lebanese homes.

And then, our world explodes. On August 4th, everything is in tatters and confusion. Beirut is in ashes.