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Bernard Demenge

Don't worry

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L'autoportrait permet un travail en parfaite autonomie. Je n'ai besoin de personne, pas d'assistant, pas  de modèle. Je peux tourner en rond tout seul, expérimenter librement toutes les manières possibles de tourner en rond.

L'autoportrait est un art de poltron, de timide.

Goguenard, amateur d'autodérision, je me regarde en train de me prendre en photo, élastique, poétique, pathétique.

L'autoportrait est une manie, un TOC, une addiction.

Avec l'autoportrait je ne parle pas de moi, je me cache derrière l'image réifiée de mon visage, je me démultiplie, je m'étonne de pouvoir ressembler à ça, le temps de la captation.

J'ai commis une bonne demi douzaine de séries où mon image tordue, manipulée, triturée, grimaçante, collée, détournée devient une sorte de figure imposée, un gimmick.

Quand je vois un vieux râteau en plastique jaune dans le jardin, j'ai envie de le mettre dans ma bouche, c'est idiot, c'est rigolo, c'est un peu triste, c'est nostalgique, ça ébouriffe les sérieux et c'est tant mieux.

Le portrait photographique est une image composée de signes, j'empile des signes, si c'est bien fait, l'image doit surprendre, grincer, provoquer, faire rigoler mauvais.
 
Je suis un exhibitionniste pudique.

Je m'assieds, je respire, je bloque, je pense à la mort, je déclenche.

Bernard Demenge - 2011