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Marie Magnin

Mayotte, l'urgence d'une île

Mayotte, the emergency of an island

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Mayotte est le plus jeune et le plus pauvre des départements français. 84% de ses habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté. Il est pourtant encore 13 fois plus riche que les îles voisines des Comores.
Chaque année, des milliers de comoriens y débarquent clandestinement dans l'espoir d'une vie meilleure en terre française. Des flux migratoires qui rendent impossible l'évaluation de la population sur l'île : 212.000 habitants officiellement, le double officieusement. Une explosion démographique - également liée aux naissances en constante hausse - qui se répercute directement sur les services publics, notamment l'hôpital.
Cadences infernales, pénurie de soignants, afflux croissant de patients... les urgences sont saturées et le Centre Hospitalier de Mayotte peine à recruter. Dans ce service, c'est la valse des médecins et des infirmiers qui viennent pour la plupart pour des contrats courts. Ils sont jeunes, polyvalents et traitent de pathologies lourdes, normalement confiées à des spécialistes. Ils travaillent environ 60 heures par semaine, dans un contexte insulaire de plus en plus violent.
Seuls les aides soignants sont mahorais et assument aussi le rôle fondamental de traducteurs entre des patients qui ne parlent pour la plupart que shimaore et les médecins.
Les urgences font aussi appel à des internes, mais cette année, pour la première fois, aucun étudiant n'a postulé à Mayotte.

Mayotte is the youngest and poorest of the French departments. 84% of its inhabitants live below the poverty line. However, it is still 13 times richer than the neighbouring islands of the Comoros.
Every year, thousands of Comorians arrive there clandestinely in the hope of a better life on French soil. Migration flows that make it impossible to assess the population on the island: 212,000 inhabitants officially, twice as many unofficially. A demographic explosion - also linked to ever-increasing births - which has a direct impact on public services, particularly hospitals.
Infernal rates, a shortage of carers, a growing influx of patients... the emergency rooms are saturated and the Mayotte Hospital Centre is struggling to recruit. In this service, it is the waltz of doctors and nurses who mostly come for short contracts. They are young, versatile and treat serious pathologies, normally entrusted to specialists. They work about 60 hours a week, in an increasingly violent island context.
Only the medical assistants are Mahorais and also assume the fundamental role of translators between patients who mostly only speak Shimaore and doctors.
Emergencies also involve interns, but this year, for the first time, no students have applied to Mayotte.