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sophie pasquet

Solar mama, une grand-mère experte en électricité

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Il y a 7 ans, Doussou Konaté a été élue par son village pour partir dans une université indienne acquérir une formation de technicienne solaire. Au début, rien n'a été simple. Il a fallu laisser les enfants et son mari à la deuxième épouse, quitter le village pour la première fois, s'acclimater à une autre culture, une autre nourriture,  se concentrer pour suivre des cours techniques, apprivoiser l'absence des proches pendant 6 mois. Pourtant, à son retour, elle a électrifié toutes les maisons du village. Aujourd'hui, les habitants n'en finissent pas d'égréner les avantages : moins de vols de bétail, d'accidents la nuit, d'incendies à cause des bougies, des accouchements de nuit plus sûrs, les femmes ont la possibilité de faire une peu de commerce le soir, de se retrouver dehors pour avancer les tâches domestiques, discuter ou regarder le feuilleton du samedi soir. Les enfants peuvent faire leurs devoirs une fois la nuit tombée... Et les mères de Keur Simbara disent fièrement que leur fille se marient plus tard que celles du village voisin où il n'y a pas d'électricité car elles sont instruites. Tous les mois, en échange de l'entretien des lanternes et des panneaux solaires, chaque famille donne 2000 CFA/ mois à Doussou Konaté. Aujourd'hui, Doussou Konaté aimerait transmettre ses compétences à sa fille. Deux autres femmes du village sont parties se former en Inde afin de l'épauler et poursuivre l'électrification du village. Doussou s'occupe de leur famille : elle sait combien la séparation pèse, ici et là bas.
Ce reportage est la poursuite d'un travail personnel sur les différents projets permettant l'électrification de l'Afrique et l'influence de l'électricité sur la stabilité politique et sociale.