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Marie Leroux

L'heure bleue

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Tout à coup, devant moi, une grande femme enveloppée dans un pagne blanc qui voilait son visage et cachait ses pieds. Mon coeur battait à coups précipités, j'avais l'impression de recevoir de grands cognements de bélier qui ne réussissaient pas à défoncer ma poitrine.
Conte d'Afrique de l'ouest

Le Bénin est considéré comme le berceau du vodou, religion d'ordonnance cosmique liée aux cultes animistes et fétichistes.

Pays où les esprits sont imbriqués au vivant, où la vie tutoie de si près la mort, où à chaque chose l'on attribue une signification seconde. La réalité qui se dessine ici contient en elle-même un au-delà, un ailleurs. L'imaginaire s'imbrique au réel pour dessiner un territoire où le visible n'existe pas sans l'invisible. La tradition orale béninoise décrit des mythes fondateurs où l'animal est symbole de sacralité, l'incarnation d'une divinité.

L'heure bleue est cet interstice, ce temps où la clarté cohabite avec l'obscurité. Temps suspendu, indéfinissable, entre éveil et sommeil, rêve et insomnie. Heure nébuleuse qui évoque des territoires subjectivement parcourus, vacillants, les repères se brouillant avec l'opacité de la nuit. Avec elle surgiront d'autres ombres, aux contours plus ténus, empreintes de mystère et de mysticisme.

La réalité se diffracte alors en une vision kaléidoscopique, évanescente. Les yeux mi-clos, mi-ouverts, sur un monde - réel ou imaginaire - où les frontières entre connu et inconnu sont abolies.

Et si de la nuit ne naissait plus le jour, et si l'on ne parvenait plus à discerner le chien du loup.