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Antonin Weber

Un cirque à la frontière syrienne

A Circus at the Syrian Border

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Sur les hauteurs de Mardin, la frontière syrienne suit l?horizon à perte de vue. En bas du centre historique, dans le quartier pauvre de Station,
menacé de destruction pour être remplacé par un immense parking, des familles syriennes ont élu domicile. Quatre jours par semaine, une ribambelle
d?enfants sort de ce quartier pour aller là-haut dans le vieux Mardin, rejoint une école particulière dans le centre historique de la ville.
Her Yerde Sanat est une école de cirque qui forme à l?art de la jongle, du trapèze ou encore des échasses une cinquantaine d?enfants et
d?adolescents qui pour certains deviennent enseignants à leur tour. La journée se déroule selon un emploi du temps bien précis avec deux heures
de cours de cirque le matin, le déjeuner et deux heures de temps partagées entre exercices et cours de turc ou d?arabe l?après-midi. Pour Pinar
et Serdal, les fondateurs, la notion d?école est importante, cela permet de mettre en place un lieu de rencontre et de partage fort, tout en offrant
un rythme de vie proche de celui des enfants en Syrie.

A l?école du cirque on offre une aide différente que celle des besoins de première nécessité gérés par les associations humanitaires et souvent
négligée, la confiance en soi par l?éducation culturelle. Les enfants sortent de leur condition de migrant, souvent dure à porter dans une société
turque dans laquelle règne un racisme latent et se voient dotés d?outils pour l?avenir.
L?association a vu grandir une vingtaine de professeurs de cirque qui désormais transmettent leur savoir dans les camps pour réfugiés difficiles
d?accès à tout organisme extérieur. Diyar 19 ans est l?un d?entre eux :

« La vie dans les camps n?est pas facile, il n?y a rien à faire, on ne se voit plus comme des personnes capables d?entreprendre, de créer, de vivre
mais des personnes dans l?attente. Le cirque m?a permis de sortir de ce cercle là et au-delà de la discipline, d?avoir la foi en mes idées et me
permettre d?avoir des projets. »

Au-delà d?occuper le temps libre des enfants, c?est un vrai projet pédagogique qui se met en place et l?espoir de combler un vide terrible dans
la vie de ces réfugiés, celui de l?éducation.



In the highlands of Mardin,we can see the Syrian border on the horizon.. Down in the historical center is thepoor district of Station, where Syrian families live in fear of being displaced. Their building will be demolished in one or two years to be replace by a parking lot. Despite this, four days in a week,schoolchildren are going to a special school at the top of Mardin.  

Her Yerde Sanat is a circus school that teaches juggling, stilt walking, and the trapeze, as well as offers Arabic and Turkish language classes..I got rid of this because you use the same sentence later in the article, where it seems more appropriate For Pinar and Serdal, the creators of this initiative, the notion of school is important .It is a free place to share and learn, and it also offers a lifestyle similar to those that many kids were living back in Syria.

The school offers a different type of aid to the families than the humanitarian associations. A help which is often forgotten,cultural education for kids who cannot go to Turkish school because they start working at a young age to help the family make ends-meet. The circus school aims to brings kids out of migrant conditions by giving them a free space to feel confident and providing them with tools for self-development.

The school saw some kids who had come to believe in themselves and started teaching in refugees camps. Diyar, 19 years old, is one of them :  
«Life in camps is not easy, there is nothing to do. We don?t see ourself as a capable person but like someone who is waiting. The circus school taught me to beleive in me and to start initiatives inside the camp. »

Aside from just occupying the kids, this school presents itself as a real pedagogic project , trying to answer to the question of the kids' future in a Turkishsociety where they are not accepted.