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Fernanda Peruzzo

MYSTÈRES À TRAPANI

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La Procession des Mystères à Trapani est l'un des plus anciens événements religieux d'Europe et se répète en tant que rite collectif depuis 1600 à chaque Vendredi Saint. La procession dure 24 heures et est accompagnée par des fanfares locales qui jouent des marches funèbres. Les statues sont transportées dans les rues de Trapani par les portatori, des hommes et des femmes qui les portent sur leurs épaules, certains motivés par la foi, d'autres par la tradition.

Les premières traces historiques de l'événement remontent au XVIe siècle. Ses racines peuvent être liées au teatro de los misterios, probablement introduit en Sicile pendant la domination espagnole (de 1412 à 1713). Durant cette période, la construction de 20 statues complexes représentant divers moments de la passion du Christ a été commandée à des artistes locaux. Les statues ont été construites aux XVIIe et XVIIIe siècles. Partiellement faites en bois (structure, mains, pieds et visages), les statues sont remplies et recouvertes par un enduit spécial à base de colle et de craie. Au fil des siècles, elles ont été réparés après des chutes et des accidents, mais jamais remplacés.

L'entretien de chacune des ces statues est confié à une Maestranza différente - des guildes représentant des catégories professionnelles telles que les épiciers, les pêcheurs, les boulangers, les bouchers, etc. Les bénévoles et les membres de cette association portent les statues sur leurs épaules, marchant dans une marche particulière qui se balance latéralement : une pénitence exténuante qui dure 24 heures, du matin du samedi saint au dimanche de la Résurrection. Le vara, la base en bois à laquelle les statues sont attachées, reposait autrefois sur des fourchettes. Après quelques mauvais accidents et chutes ruineuses, ils ont été remplacés par des chevalets, plus solides, mais aussi plus lourds. A partir de 1950, elles sont recouvertes de drapés noirs appelés manta qui portent des armoiries imprimées ou brodées et les noms des guildes auxquelles elles appartiennent. Des arrêts rituels devant le siège de ces confréries mais aussi des associations, des commerces et des certaines maisons permettent de comprendre que l'engagement personnel et professionnel se mêle à la foi, aux affaires, au sacré et au profane.

La population locale ainsi que les touristes accompagnent la marche, que ce soit en marchant ensemble ou en regardant depuis les balcons. Tout autour de la ville, un silence paisible et deuil.

The Procession of the Mysteries in Trapani is one of the oldest continuously running religious event in Europe, being repeated as a collective rite since 1600 at each every Good Friday. The procession lasts 24 hours and is accompanied by local marching bands playing funeral marchs. The statues are taken around the streets of Trapani by the portatori, men and women who carry them on their shoulders, some motivated by faith, others by tradition.

The first historical traces of the event date back to the 16th century. It's roots can be related to the teatro de los misterios, probably brought in Sicily during the Spanish domination (from 1412 to 1713). During this period, the construction of 20 complex statues representing various moments of the passion of Christ were commissioned to local artists. The statues were built along the 17th and 18th centuries. Only partially made of wood (structure, hands, feet and faces), the statues are filled and recovered by a special plaster made of glue and chalk. Along the centuries, they were repaired after falls and accidents, but never replaced.

The maintenance of each one of the statues is entrusted to a different Maestranza - guilds representing working categories such as grocers, fishermen, bakers, butchers, etc. Volunteers and members of this associations cary the statues on their shoulders, walking in a particular step rocking sideways : an excruciating penance that lasts 24 hours, from the morning of the Holy Saturday to the Resurrection Sunday. The vara, the wooden base to which the statues are attached, once rested on forks. After some bad accidents and ruinous falls, they were replace by easels, more solid, but also heavier. From 1950 onwards, these were covered with black drapes called manta which bearing imprinted or embroidered coats of arms and the names of the guilds to which they belong. Ritual stops in front of the headquarters of these confraternities but also associations, local shops and houses let clear that personal and professional involvement are mixed together with faith, business, sacred and profane.

The local population as well as tourists accompany the march, whether walking together or facing them from the balconies. All around the city, a peaceful and mourning silence.