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Fernanda Peruzzo

BLUES BRÉSILIEN

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Décembre 2014, j'ai pris le vol Paris-Salvador.

J'ai laissé l'hiver sombre et gris derrière moi. Avec mon Fuji EX-2, j'ai fait un voyage de documentation, dans l'espoir d'enregistrer la culture exubérante de mon pays. Mais j'y suis arrivé et je suis figée. Être au Brésil me met dans un état de stupeur. Pour la première fois, je me suis sentie comme une étrangère. Je me sentais bizarre. Quelque chose m'a empêché de poursuivre les clichés. Une sorte de sentiment. Avant, je cherchais d'autres réalités, mais ensuite cela s'est révélé ne pas être une question de curiosité. Ce n'était pas une question de nouveautés. Seulement un désir de photographier, instinctivement. Alors j'ai laissé tomber.

De retour chez moi, j'ai réalisé que les images apparemment déconnectées menaient à une sorte de récit. Pas une histoire pleine d'informations clés qui raconte quelque chose de nouveau sur le Brésil, mais plutôt un voyage sentimental qui regarde un état d'esprit réel.

Surligné d'un bleu omniprésent, d'un bleu qui est le ciel, la mer et aussi une subjectivité, un mouvement de l'extérieur vers l'intérieur, un blues de l'hiver, une chanson qui parle d'amour et de perte, dans une mélodie faussement heureuse....

Dans ce bleu, cette série de photos me montre un pays d'une religiosité qui n'est pas la mienne, d'une musique populaire que je ne danse pas, des ouvriers qui me mettent en contact avec l'histoire de ma famille et des bars populaires où je me sens comme chez moi. Aussi le chaos, le bruit, l'excès de voitures et la lumière du soleil qui, en partie, ont déterminé qui nous sommes, pour moi.

BRAZILIAN BLUES
December 2014, I got a flight Paris-Salvador.

I left the dark and grey winter behind. With my Fuji EX-2, I went for a documentation travel, hoping to register the exuberant culture of my country. But I get there and I stuck. Being in Brazil puts me in a stupor condition. For the first time ever, I felt quite like a foreigner. I felt weird. Something avoided me going after the clichés. A kind of a feeling. Before I was looking for other realities, but then it revealed to myself not being a matter of curiosity. It was not a query for novelties. Only a desire of photograph, instinctively. So I let it go.

Back home, I realized the apparently disconnected images lead to some sort of narrative. Not a story full of key informations that tells something new about Brazil, but rather a sentimental journey that regards an actual state of mind.

Highlighted by an omnipresent blue, a blue which is a sky, a sea and also subjectiveness, a movement from the outside to the inside, a winter blues, a song that speaks of love and lost, in a falsely happy melody...

Into this blue, this series of photos shows me a country of a religiousness that is not mine, of popular music I don't dance, of the workers that put me in contact with my family history and of popular bars were I feel like home. Also the chaos, the noise, the excess of cars and sunlight that in some part determined who we are, for me.