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Fernanda Peruzzo

LES GROS POISSONS

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2016, j'ai photographié un groupe de pêcheurs qui pratiquent encore la pêche traditionnelle mais luttent pour survivre face à la concurrence de la pêche industrielle en Méditerranée. Tous les jours, ils quittent le vieux port la nuit et vendent ce qu'ils obtiennent quelques heures plus tard au marché. Ces types n'ont pas du tout l'habitude des appareils photo. Mais lorsque je leur a demandé d'en faire un portrait de mode, ils ont tous pris la pose. Preuve que leur aisance face à la caméra et leur sens du style pourraient bien être exploités comme une option économique en ces temps de pénurie de la pêche...

L'Histoire :
Trapani est une ville au bord de deux mers. D'un côté, la Méditerranée; de l'autre, la Tyrrhénienne. Celle-ci apporte les loisirs, les bains, les bons moments estivales, les touristes. L'autre donne aux trapanesi de quoi survivre. La pêche, et surtout la pêche artisanale, c'était la principale source de revenues pour une bonne partie des habitants de cette ville d'à peu près 60 mil âmes.

Pendant des siècles, les pêcheurs on se servi du thon. Le thon rouge de la Méditerranée qu'ils attrapaient pendant la mattanza, cette forme traditionnelle de pêche dit archaïque et cruelle pour la plus part mais qu'il s'agissait d'une véritable chasse, un affrontement homme-nature, qui teintait de rouge les eaux claires du périmètre maritime entre Trapani et Favignana (escapade paradisiaque quelques quilometres au sud).

Dans cette pêche-chasse des filets sont placés dans la mer, de la surface jusqu'au fond, créaient une sorte de canal qui obligeait les thons à ce diriger vers un endroit précis - la dite chambre de la mort, une zone encerclé par de bateaux et forts pêcheurs qui attendaient les gros poissons, harpons à la main, prêtes au combat - tel comme a enregistré Rossellini dans son film Stromboli et Sebastião Salgado dans sa série photographique.

Pendant des siècles, la mer s'est baignée de sang des temps en temps, c'est vrai, histoire de nourrir les villageois. Mais les stocks de poissons vivantes, il était toujours stable.

Un jour, les normes, les règles et les prohibitions de l'Union Européenne sont arrivées. Et avec elles, celle qui interdit la mattanza, jugée trop violent, voire barbare ... Pourtant, les gros navires industrielles sont autorisés. Ceux, qui pratiquent la pêche à la senne, c'est à dire, ils encerclent un banc de poisson avec un grand pan de filet en reliant les deux extrémités en forme de poche de manière à ce que les poissons ne puissent plus s'échapper. Et ceux qui pratiquent la palangre industrielle, appareil constituée d'une ligne mère où sont attachées des lignes secondaires plus courtes garnies d'hameçons sur lesquels sont accrochés des appâts. Les palangres peuvent atteindre 60 km de long et compter 50 000 hameçons.

Les deux techniques bien autorisées par les gouvernements et en pratique courant, capturent tout c'est qui vit et bouge dans et sous l'eaux, soit des petits poissons, crustacées, mollusques, coquillages très jeunes qui auraient une vie à développer, soit des espèces menacées ou en danger telles que les tortues de mer, les requins et les oiseaux de mer, touts inclus.

Dans les années 2000, les stocks du thon on connu un déclin inquiétant. Les scientifiques on estimait que la biomasse des thons rouges de l'Atlantique et de la Méditerranée avait diminué de moitié depuis les années 1950.

Les associations de défense de l'environnement se sont alors engagés a protéger ce poisson de la surpêche. Côte à côte avec des scientifiques, elles ont réussi a faire passer des mesures de restriction très strictes à partir de 2007 : les prises ont ainsi été fixées à 13 500 tonnes pendant plusieurs années de suite. Au long d'une décennie, les populations de thon rouge se sont rétablie. Mais le bons sens est fini. Les quotas qui concernent la pêche au thon ont êtes revus à la hausse fin 2017. La Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l'Atlantique (CICTA) dans laquelle siègent aussi l'Union européenne, a annoncé depuis Marrakech que le taux de capture peuvent atteindre 32 240 tonnes pour l'année 2019, puis 36 000 tonnes l'année suivante : 52 % de plus qu'aujourd'hui.

À Trapani, où depuis des années la mattanza est devenue mémoire encadrée sur les murs des restaurants typiques, les pêcheurs se contentent de recueillir calamars, poulpes et petites poissons, vendus quotidiennement au marché dédié au centre ville, dans la zone du vieux port.

Sans la possibilité de se voire transformés en super-pêcheurs-combattants, des vrais héros comme ces anciens compatriotes, il ne leurs reste qu'essayer d'autres moyens de se faire une vie remarquable au sein de leur communauté.

Moi, je les ai proposé la mode. Vue leur sens inné du style et les mélanges complexes de matières, couleurs et imprimés qu'ils portent avec insouciance. Testés en tant que modèles dans de shootings à vif, dans leur environnement naturel, demandés de poser pour la camera tel quel les fashionistas qui suivent les semaines de mode, ils démontrent leur capacité de rire d'eux mêmes. Manque seulement apprendre à rire de l'hypocrisie du modéle de exploitation de la pêche actuel.

During the year of 2016, I photographed a group of fishermen who still practice the traditional fishing but struggle to survive facing the concurrency of the industrial fishing on the Mediterranean sea.

Everyday, they left the old port at night on their small and old boats and sells everything they got some hours later in the fish street market. Those guys are not used to cameras and photographs at all. But when asked to have a fashion portrait of them, all stroke a pose. Prove that their easiness in front of the camera and inherent sense of style could be explored as an economical option in these times of fishing scarcity...