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Fred Marie

Jour 100 Ă  Ansongo

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Ce vendredi 18 décembre est un peu particulier pour la trentaine de militaires du DLAO 3 (détachement de liaison et d'appui opérationnel) qui occupe depuis maintenant plus de 3 mois, le petit camp isolé de Ansongo.
En effet, cela fait 100 jours qu'ils ont quitté la France pour l'Opex Barkhane. Dans ce petit coin reculé du Mali, à quelques centaines de mètres de la frontière avec le Niger, les forces françaises règnent en maître sur de longues étendues de désert.
Les combats frontaux avec les forces terroristes font parties du passé, même si la menace reste bien présente, comme le rappellent de temps à autres quelques roquettes lancées à quelques kilomètres du camp par des adversaires affaiblis, qui "allument la mèche et partent en courant"...
Mais le plus dur pour ces militaires français n'est pas l'ennemi.
A plus d'une heure de route en convoi blindé du camp de Gao, les hommes du Capitaine Quentin vivent presque en autarcie. Gestion de l'eau, des sanitaires et de la cuisine, tout se fait ensemble sans aide extérieure ou presque. Les hommes du DLAO vivent littéralement "en famille" pendant 4 mois d'Opex.
Une aventure humaine hors du commun, à plus de 3000 km de leur pays et de leur famille, en pleines périodes de fêtes de fin d'années... "Tous les jours sont des lundis", lâche un soldat, et au fur et à mesure, une routine s'installe dans le camp. Entre les rassemblements et les parties de babyfoot ou de ping pong les militaires patrouillent dans les villages environnants. Une présence très appréciée par les locaux, qui acclament les passages de convois sur les routes, et qui saluent les hommes et femmes en uniformes dans les rues.
Leur mission première : empĂŞcher les djihadistes de revenir dans ces parties du Mali, derniers sanctuaires des fameux "Gat" comprenez groupes armĂ©s terroristes, et Ă©galement former les forces armĂ©es maliennes (FAMA) afin de prendre la suite, lorsque les Français seront partis. Pour l'Etat major des armĂ©es, Barkhane fait le lien entre Serval et Sentinelle, en poursuivant des efforts pour Ă©viter aux djihadistes de s'armer et toucher la France, Ă  nouveau. 
Mais au delà des objectifs annoncés, la présence française permet un redémarrage économique local très marqué, et une réimplantation des ONG et autres organismes humanitaires qui avaient déserté ce territoire lors des attaques terroristes. Des conséquences positives qui remotivent les troupes, loin de leurs proches en cette période de Noël...
Reportage texte et photo dans le quotidien de ces soldats en opération extérieure, et également lors de leur préparation finale en France, dans le camp militaire de Canjuers, le plus vaste d'Europe.