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Franck Bessière

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En 2003, afin de favoriser l'entrée de Chypre dans l'Union Européenne, les frontières s'ouvrent entre le Nord et le Sud, permettant aux réfugiés des deux parties d'aller voir leur anciens villages. Elias, en 2004 est alors retourné à Syskiipos (Akçiçèk en turc) le village qui l'a vu grandir lui et sa famille. Très triste de ce qu'il y a vu, il ne voulait pas y retourner.
Mais c'était sans compter son petit fils George, qui à force d'insister pour revenir sur les terres de histoire familial, fini par lui céder, 13 ans après, accompagné de 2 de se petits enfants et d'un photojournaliste.
Une carte de 2003 (tirée d'un journal qui traitait du plan Kofi Annan) lui était nécessaire pour rentrer chez lui, le temps s'écoule, les routes changent, les noms aussi.
Une fois sur place, il choisit d'abord de montrer son école à ses 2 petits fils, aujourd'hui transformée en habitation, puis juste à côté, l'église à ce jour très abîmée par les années sans entretien.
Enfin, il arriva vers la maison de son enfance, celle où il fît ses premiers pas, celle où il vivait avec ses 11 frères et s?urs. Le septentenaire Grec Chypriote ne pleure pas, mais l'émotion qu'il ressent transpire à travers sa stature de patriarche, il évite les regards de ses petits enfants et les commentaires qui étaient pourtant nombreux avant d'entrer dans sa demeure. « Ici je dormais, là partageai le repas avec mes frères et s?urs. » commentait-il juste avant.
Puis dans la maison de sa s?ur juste à côté, le visage d'un homme moustachu au regard pétillant fit irruption, il s'engagea dès lors une discussion en Grec (pourtant en zone turcophone).
Il était lui aussi réfugié, mais de Paphos, du Sud donc, un réfugié Turc Chypriote qui avait fait le chemin inverse d'Elias. La conversation n'avait pas beaucoup de mots mais était chargée d?acquiescements de tête, on se comprenait.
En partant, il croisa ce couple qui habitait juste en dessous. Les deux hommes échangèrent leur regard, puis cette poignée de mains. N'ayant plus de mot, presque dépassés et gênés par ce geste si symbolique.

In 2003, in order to promote Cyprus' entry into the European Union, borders between North and South opened up, allowing refugees from both sides to visit their former villages. Elias, in 2004 then returned to Syskiipos (Akçiçèk in Turkish) the village that saw him grow up and his family. Very sad about what he saw, he did not want to go back.
But it was not counting his grand son George, who insisted on returning to the land of family history, finally gave way, 13 years later, accompanied by 2 of his grand sons and a photojournalist.
A 2003 map (taken from a newspaper dealing with the Kofi Annan plan) was necessary for him to go home, time passes, roads change, names too.
Once there, he first chooses to show his school to his 2 grands sons, now transformed into a dwelling, then next door, the church to this day very damaged by years without maintenance.
Finally, he reached the house of his childhood, the one where he took his first steps, the one where he lived with his 11 brothers and sisters. The Greek Cypriot seventeen-year-old Cypriot does not cry, but the emotion he feels transpires through his patriarchal stature, avoiding the gaze of his grandchildren and the comments that were numerous before entering his home. "Here I was asleep, there shared the meal with my brothers and sisters. "He commented just before.
Then in the house of his sister next door, the face of a mustached man with sparkling eyes burst in, and he began a discussion in Greek (yet in the Turkish-speaking zone).
He was also a refugee, but from Paphos, from the south, a Turkish Cypriot refugee who had made the opposite route from Elias. The conversation did not have many words but was loaded with nods, we understood each other.
When he left, he met the couple who lived just below. The two men exchanged their gaze, then shook hands. Not having a word, almost outdated and embarrassed by this symbolic gesture.