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Dom Smaz

Black Helvetia

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Un projet de documentaire photographique sur la vie d'aujourd'hui à Helvécia - un petit village et une ancienne colonie suisse-allemande au Brésil, dédiée à la culture et à l?exportation de café au XIXe siècle.

Il y a 200 ans, des immigrants d'Allemagne et de Suisse ont traversé l'océan pour trouver une nouvelle vie au Brésil. Le roi du Brésil a offert des terres aux Européens qui souhaitaient cultiver des plantations et civiliser le pays. Ces colonies étaient de petites fermes gérées par le propriétaire et sa famille, où l'utilisation du travail en esclavage était interdite. Cependant, il y avait une exception: la colonie Leopoldina-Frankenthal, à l'origine de la petite communauté de Helvécia. À une époque où l'institution de l'esclavage était soumise à une forte pression extérieure, la colonie prospéra sur le plan économique et, en 1850, était responsable de près de 90% de la production de café de la province de Bahia - avec plus d'un millier d'esclaves d'Afrique. Parmi les propriétaires fonciers, deux familles se distinguent des autres: la famille suisse Flach et la famille allemande Krull. Ils étaient les plus gros exportateurs de café et propriétaires d'esclaves de la colonie. Après le déclin économique de la colonie dû principalement à l'abolition de l'esclavage en 1888, le nom de la ferme de Flach dura et devint le nom du village. Helvécia abrite aujourd'hui peu de familles d'ascendance allemande et suisse. Cependant, plus de 80% de la population est d'origine africaine.

Ce travail a pour but de faire la lumière sur le lien de cette rencontre culturelle. Les cultures européennes et africaines survivent dans une confrontation idéologique silencieuse, où les enfants noirs jouent avec des poupées blanches et où les évangéliques chrétiens dirigent toujours les cultures afro-descendantes comme étant pervers dans leurs discours.

Le photographe suisse-brésilien Dom Smaz comprend, avec Black Helvécia, qu'il y a probablement autant d'exploiteurs que de victimes d'exploitation dans son histoire ancestrale. Il espère aider à mieux faire comprendre à quel point les vagues de migration mondiale, volontaires ou non, façonnent inévitablement une culture locale: dans le passé comme dans le présent.

Texte: Milena M. Neves

A photo documentary project about today's life in Helvécia - a small village and a former Swiss-German colony in Brazil that, using slave labor, was dedicated to the cultivation and export of coffee in the XIX century.

200 years ago, immigrants from Germany and Switzerland crossed the ocean to find a new life in Brazil. The king of Brazil offered lands to Europeans who wanted to cultivate plantations and to civilise the country. These colonies were small farms manured by the owner and his family where the use of slaver labor were forbidden. However, there was one exception: the colony Leopoldina-Frankenthal, that originated the small community of Helvécia. At a time when the institution of slavery was under a strong external pressure, the colony prospered economically and by 1850 was responsible for almost 90% of the coffee production of the Province of Bahia - on the strength of over a thousand slaves from Africa. Among landowners, two families stood out from the rest: the Swiss family Flach and the German family Krull. They were the largest coffee exporters and slave owners of the colony. After the colony's economic decline mainly due to slave abolition in 1888, the name of Flach's farm lasted and became the village's name. Today, Helvécia is home to few families of German and Swiss descent. More than 80% of the population, however, are of African descendants. 

This works intendeds to shed light on the link of this cultural encounter. Both European and African cultures survive in a silent ideological confrontation, where black kids plays with white dolls and Christian evangelicals still point afro-descendants cultures as evil in their speech.

With Black Helvetia, the Swiss-Brazilian photographer Dom Smaz understands that there are probably as many exploiters as victims of exploitation in his ancestral history. He hopes to help foster an understanding of how deeply waves of global migration, whether voluntary or not, inevitably shape a local culture: in the past as well as the present.

Text: Milena M. Neves