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Dragan Lekic / Photography

Marko, roi de la trompette  /  Texte / Planche / Slide

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Le Sud de la Serbie et la Macédoine sont le berceau des fanfares roms. Elles ont acquis une réputation mondiale. La musique des fanfares accompagne tous les moments importants de la vie des hommes : mariage, naissance, départ au service militaire.



Près de la ville de Surdulica se trouve le village de Zaguzanje, à majorité roms. Les habitants serbes emploient occasionnellement les roms pour le travail des champs. Pour les roms, les conditions de vie sont très difficiles. Absence de travail, pauvreté, accès à l'école réduit, beaucoup survive grâce en récoltant de la ferraille ou des papiers qu'ils revendent ensuite. Ce qui explique que la musique constitue souvent le seul revenu pour les familles roms. Car à Zaguzanje, on trouve pas moins d'une cinquantaine de familles roms de musiciens où l'apprentissage se fait uniquement en famille. Une fanfare tzigane, c'est le plus souvent dix musiciens d'une même famille, avec une batterie, une «basse» (sorte de tuba) et huit instruments à vent. La première trompette mène le jeu naturellement. Un bon musicien fait la gloire de son village et peut faire vivre une famille entière.

Héritier d'une lignée de musiciens roms, Marko Antic a 13 ans. Il est le premier trompettiste de la fanfare Marko l'étoile du sud, composée de 9 musiciens âgés de 10 à 15 ans. C'est son père, Zika, qui lui a transmis son art. Il a lui donné sa première trompette lorsqu'il avait 6 ans. En 2006, Marko a remporté sa première trompette d'or au festival de Guca. Pour Zika, le métier a bien changé. Il devient de plus en plus difficile de gagner sa vie. Il aimerait que son fils apprenne un métier afin d'avoir un salaire fixe, et de ne jouer que les grandes occasions. 

Marko, lui, aimerait continuer dans cette voie. Il aimerait devenir un grand trompettiste et en faire son métier tout comme le grand Boban Markovic. Nombreux sont les orchestres de Zaguzanje qui partent jouer à l'étranger et reviennent ensuite au pays pour construire des maisons à plusieurs étages, signe de réussite sociale. Les parents de Marko l'ont donc inscrit à l'école de musique de Nis, la grande ville du sud de la Serbie, pour qu'il apprenne à lire les notes et puisse ainsi composer lui-même ses morceaux, et qui sait, un jour, jouer dans une fanfare professionnelle.