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Dragan Lekic

Moi Aziz, coiffeur pour migrants (en cours)

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Il rejoindra d'abord l'Iran. Mais là, plutôt que d'étudier comme il l'aurait souhaité, il doit travailler. Départ pour la Turquie. Là, un passeur lui réclame 300 euros, qu'il n'a pas. « On va te couper deux doigts, tu vas comprendre », le menace-t-il. Finalement, il travaillera pour les passeurs plusieurs mois. Avec trois autres migrants, il confectionne des vestes en cuir que les Turcs vendaient aux Russes. Il aide les passeurs et réussi à rejoindre une île grecque en bateau pneumatique. Il rejoint Patras, là-bas, « ça grouille de gens qui me ressemblent, c'est la « jungle », tu trouves de tout ». Dans le camion, ils s'entassent à une quarantaine, un trajet de 14 heures. Puis Rome, le train et La France. L'association France Terre d'Asile l'aidera, alors qu'il dormait square Villemin, du côté de la gare de l'Est. Dans le foyer pour mineur près de Montauban, il se fait une seconde famille avec les éducateurs. Il décide en une seconde de son avenir : devenir coiffeur. CAP, puis salarié dans un salon à Montmartre. Là, dehors, les migrants, les SDF ne le laissent pas indifférent. Il met ciseaux et mousse à raser dans un sac à dos et coiffe dans la rue. « C'est important d'être bien coiffé, on se sent mieux, plus léger. Je le sais, je l'ai vécu », dit-il.