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Carlos Ayesta

Les éphémères

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Qu'y a t'il de plus fragile, du skieur ou de la montagne? Nous sommes des millions, à revenir chaque année virevolter sur la neige, effleurant à peine la surface, passants élégants à la chorégraphie savante. Nous semblons si petits, si fragiles, dans un univers de matières brutes et imposantes, enchâssées dans le silence glacé et les râpes sonores des carres métalliques et des remontées mécaniques. C'est un ballet de silhouettes et de couleurs, mis en scène sur une pourtant bien mince pellicule de fond blanc étincelant. Un paradoxe, comme une danse macabre, les millions d'éphémères recréant sans cesse l'illusion d'une nature toute puissante, invincible, inébranlable, sur laquelle, inconséquents, légers, ils évoluent gracieusement. Tout comme inconséquents, légers, nous avons digéré catastrophe dite "naturelle" sur "accident" nucléaire, et allons gracieusement de l'avant. Ces images sont une tragique narration de la puissance et de la fragilité, qui peuvent, pour l'homme comme pour la montagne, se retrouver des deux côtés. Par Carine Dolek