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Benjamin Filarski

Bialowieza Primaeval Forest

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Depuis mai 2016, la partie polonaise de la forêt de Bialowieza, vaste domaine de plus de 140 000 ha inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, fait l'objet de coupes massives. Le Ministre de l'environnement de l'époque, Jan Szyszko, prétexte alors des « coupes sanitaires » car une grande partie des épicéas sont en effet affectés par l'invasion de scolytes. Cependant, d'après les scientifiques, ce phénomène qui se produit environ tous les 10 ans fait bien parti de l'écosystème. Par ailleurs, la déforestation de cette forêt primaire, la plus ancienne d'Europe, serait une catastrophe pour toute la faune sauvage exceptionnelle qui s'y trouve. À titre d'exemple, ¼ des bisons du monde se trouve dans la forêt de Bialowieza...
En 2017 l'abattage des arbres s'intensifie; La Cour de Justice de l'Union Européenne ordonne alors « la cessation immédiate de l'exploitation forestière ». Rien n'y fait, le Ministre Szyszko maintient sa position. Mardi 17 octobre 2017 ce dernier déclare devant la CJUE que les coupes sont d'ordre sécuritaire. L'affaire est une fois de plus reportée.
Pendant ce temps, sur le terrain, plusieurs dizaines de défenseurs de l'environnement défient les gardes forestiers en patrouillant chaque jour dans la forêt pour repérer les endroits des coupes. Tout est noté, enregistré et envoyé à la Commission Européenne. Parfois, lorsqu'ils sont suffisamment nombreux, ils réalisent des actions coup de poing comme le blocage d'un point de passage stratégique. C'est dans une ancienne école du village de Teremiski, au beau milieu de la forêt, que les écologistes ont établi leur quartier général depuis lequel ils coordonnent leurs actions pacifiques afin de freiner la déforestation en cours et alerter l'opinion publique.
Le lundi 20 novembre 2017, la Cour de justice de L'Union Européenne annonce que la Pologne devra payer une amende de 100 000 euros par jour si elle n'arrête pas immédiatement l'abattage des arbres. Pour la première fois, le gouvernement est clairement menacé. C'est une victoire pour les activistes car d'après eux, les Harverster, machines redoutables utilisées par les gardes forestiers, n'ont pas été entendu depuis.
Plus récemment, le nouveau Ministre de l'environnement, Henryk Kowalczyk, a fait savoir dans un communiqué que « la Pologne respectera la décision définitive du tribunal concernant la forêt de Bialowieza ». Si Bialowieza est préservée se sera une une première bataille de gagnée parmi tant d'autres à mener. Les défenseurs de l'environnement redoutent en effet une simple délocalisation de l'exploitation forestière.

Since May 2016, the forest of Bialowieza in Poland has been the subject of massive cuts. On the ground, independent environmental activists, independent of any organization, face forest rangers from all over the country who came to supervise the smooth running of the cuts. It is in a former school in the village of Teremiski, in the middle of the forest, that the ecologists have established their headquarters from which they coordinate their peaceful actions in order to hold up the current deforestation and to alert public opinion. To justify the cutting of trees, the Minister of the Environment Jan Szyszko used the pretext of the "sanitary cuts", as a large part of spruces are affected by the invasion of bark beetles. On the other hand, the European Commission denounces the endangerment of fauna and flora in Europe's oldest primary forest, which has been a UNESCO World Heritage Site since 1979. At the same time, the World Heritage Committee asked Polish authorities to "maintain the continuity and integrity of the protected ancient forest and to immediately cease all logging."
Last July, the Court of Justice of the European Union "ordered the immediate cessation of logging", which did not prevent the Polish Minister of the Environment from maintaining his position. On Tuesday 17 October, Jan Szyszko declared in front of the CJEU that the cuts were for public safety purposes. The case is once again postponed and the court ruling should take place before the end of the year. In the meantime, harvesters continue to work and the forest loses every day its density.