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Axelle de russé

Avortements interdits - Chili - Salvador - en cours

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Mai 2014 : le Chili est en émoi. Une adolescente de 17 ans est hospitalisée à Santiago en raison d'une hémorragie. Elle est inconsciente et dans un état grave. A une heure du matin, la police débarque dans l'établissement de soin. La jeune fille a été dénoncée par un médecin pour avoir pratiqué un avortement illégal. Elle risque jusqu'à cinq ans de prison. L'ombre du Général Augusto Pinochet plane encore sur la « petite Suisse » d'Amérique latine. Quelques mois avant de quitter le pouvoir, en 1989, le dictateur faisait adopter un loi qui rangeait le pays andin dans la « short list » des cinq Etats du monde où l'avortement est pénalisé sous toutes ses formes, même en cas de danger de mort pour la mère, de viol ou de malformation du fotus.
Paradoxalement, le Chili est aussi le quatrième pays avec le taux d'avortement le plus élevé au monde : environ 160 000 IVG seraient réalisées tous les ans. Le 21 mai, la présidente Michelle Bachelet a annoncé sa volonté de légaliser l'avortement thérapeutique avant la fin de l'année. Mais les résistances sont nombreuses dans l'un des pays les plus conservateurs d'Amérique latine où le divorce n'a été légalisé qu'en 2004. En attendant, les femmes chiliennes sont condamnées à la clandestinité. Depuis 2005, 73 ont été condamnées par la justice pour avoir avorté. Il s'agit souvent de jeunes mères au foyer, en situation de précarité et qui n'ont pas les moyens financiers d'élever un nouvel enfant.